Au sommet d'une montagne, bâti sur
la pointe d'un rocher, à l'aplomb
du village qui s'étend, il domine
la vallée du Suran : position stratégique
éminente pour l'illustre famille
de Coligny qui le commandait.
La construction du Château remonte
au XIIème siècle, au temps
des premiers seigneurs de Coligny qui portaient
les titres de sires de Coligny et du pays
du Revermont et descendaient des comtes
de Bourgogne. Humbert II, sire de Coligny
et de revermont, fut le premier à
se mommer seigneur d'Andelot au début
du XIIIème siècle. Le plus
célèbre des Coligny à
avoir habité le château est
François (1521-1569), premier marquis
d'Andelot et frère de l'amiral Gaspard
de Coligny, converti au protestantisme,
principal chef huguenot pendant les guerres
de religion, assassiné lors du massacre
de la Saint-Barthélemy en 1572.
Joachim de Coligny fut le dernier descendant
mâle du lignage. Sa fille, Anne Louise
de Coligny, vendit la terre d'Andelot,
au début du XVIIIème siècle,
à Joachim Guyennard, écuyer,
président de la quatrième
chambre du parlement de Besançon.
Son fils Gaspard Guyennard se fit confirmer
en 1746, par lettres patentes du roi, le
titre de marquis d'Andelot.
A la révolution, lors de la Grande
Peur, les paysans envahirent le château
et le brûlèrent, en même
temps que les chartes de leur condition
servile, les archives de la famille, dont
la correspondance de François et
Gaspard de Coligny. Les derniers Guyennard
furent anéantis par la Terreur ;
portés émigré, leurs
biens furent confisqués. Quand le
dernier marquis d'Andelot mourut en 1804,
son jeune frère et héritier
émigra aux Etats-Unis, à
Philadelphie.
Château Andelot
circa 1827
Château Andelot
circa 1827
En 1827, le château passa à
la famille Viot.
Au XIXème siècle, il ne restait
plus rien du puissant château féodal
avec ses trois portes successives garnies
de tours et pont-levis et ses larges fossés
séparés par une épaisse
muraille. Seuls, le Donjon et les tours
de la troisième porte, dont l'une
servait de prison, existaient encore, avaient
résisté aux assauts de la
conquête française, la neutralité
pendant la guerre de Dix Ans de Joachim
de Coligny, marquis de Coligny et d'Andelot,
ayant sans doute favorisé leur maintien
en l'état.
C'est la famille des Belin qui a redonné
au château toute sa prestance. Le
destin voulu qu'une des filles du dernier
marquis d'Andelot, émigré
à Philadelphie, épousa un
fils Belin, d'une famille d'émigrés,
lui aussi. En 1924, Ferdinand Lammot Belin
et son cousin Pierre du Pont de Nemours,
descendants du dernier marquis d'Andelot,
rachetèrent le château de
leur ancêtre pour le réparer,
le restaurer, le faire revivre en retrouvant
les racines de leur mémoire. C'est
une fière réussite de sauvegarde
d'un patrimoine devenu franco-américain
!
On accède au château par
une route boisée qui grimpe dans
la montagne. En guise de portail, une tour
circulaire et une tour carrée, coiffées
de toits en poivrière, l'un conique,
l'autre pyramidal, flanquent une porte
cintrée, percée dans une
courtine. A l'arrière de la cour
d'entrée se dresse le Donjon, couvert
d'un toit en pavillon, qui s'ouvre par
une porte à linteau décoré
de moulures croisées et surmonté
d'un arc en accolade. En retour d'équerre
sur la cour, les Dépendances constituent
un long corps de bâtiment à
auvent. L'ensemble, dans un site grandiose,
avec un panorama infini sur les vallées
de la Petite-montagne, et d'où l'on
peut admirer le Mont Blanc par temps clair,
est devenu une hostellerie où l'hospitalité
est le maître mot. Harry Lammot Belin
et son épouse Susan y reçoivent
avec une courtoisie chaleureuse, et sa
table d'hôte se déploie dans
la salle-à-manger médiévale,
réchauffée par une cheminée
monumentale à hotte pyramidale.
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